L’équilibre Yin Yang : Limiter le Yang

L'équilibre Yin Yang

Me sentir mélancolique. 

N’avoir aucune raison de ne pas aller bien. Être dans une famille qui m’aime et m’apporte à peu près tout ce dont je crois avoir besoin. Vivre dans un pays en paix. Être en relative bonne santé par rapport à d’autres. Réussir globalement ce que j’entreprends. Avoir même la chance d’avoir un peu de succès auprès de certaines femmes. 

Mais me sentir mélancolique quand même. 

Mettre en lumière que j’ai grandi, que je vais mieux, que je fais plein de choses que j’aime, dans l’expression de mes désirs : groupes de musique, clips, concerts à l’étranger, construction de ma maison et d’un studio d’enregistrement dedans… mais que je suis mélancolique quand même. 

Être volontaire, positif, développer ma joie… Et prendre conscience petit à petit que je m’éclate avec la persona Fabien, mais sans écouter la petite voix sage au fond de la calèche. Comprendre que je passe à côté d’une part de ce que je suis profondément. 

Alors apprendre petit à petit à limiter l’expression de mes nouveaux désirs et projets afin de me concentrer sur ce que je suis vraiment.

Observer le déséquilibre

“ Je marche pour savoir où je vais. ”

- Johann Wolfgang von Goethe

Quand nous ne sommes pas connectés à notre âme, il y a fatalement des répercussions dans notre vie. La première étant ce que nous pouvons appeler la « mélancolie de l’âme », une sorte de tristesse, de solitude, un murmure de l’âme qui nous dit « Eh oh ! Tu es perdu dans ton ego et tu ne m’écoutes pas ! ». 

C’est particulièrement facile à ressentir quand tout semble bien aller dans notre vie, mais que nous ne nous sentons pas vraiment à notre place pour autant. De nombreuses personnes ressentent cela quand elles ont réalisé leurs faux rêves mimétiques : pour faire comme papa ou être bien vus, aimés, sécurisés dans la société. 

Apparemment, tout va bien, mais elles se sentent vides à l’intérieur malgré tout. Alors elles recherchent les compensations à l’extérieur, mais comme elles ne trouvent pas, elles commencent à se demander quel est le sens de tout cela, de leurs rêves et au-delà, de leur vie. C’est à ce moment-là qu’elles ont envie de tout plaquer pour vivre une vie plus proche de leurs vrais rêves d’enfant. 

Si elles luttent avec leur mental pour que tout cela ne remonte pas à la conscience, elles vivent une tension psychique extrême. C’est le cocher qui n’écoute pas et fait tout pour maintenir le cap qu’il s’est fixé tout seul. La vie parait alors incompréhensible, désordonnée et chaotique, avec une perte totale de sens et de foi en elle. 

Le cocher donne des ordres incohérents et contradictoires, tandis que le cheval blanc des désirs tire de son côté, le cheval noir des peurs de l’autre, et la calèche finit tôt ou tard par se fissurer. 

Les symptômes qui surgissent alors ne doivent évidemment pas être traités comme de simples symptômes physiques. Ils ne sont pas dus à une route difficile, mais bien au fait que la persona fait complètement fausse route

Bouddha parle de la « soif de vivre » de l’ego comme étant la racine de la souffrance. Celle qui nous fait nous sentir perpétuellement insatisfaits, remplis d’attentes, donc de frustrations, de passions et d’émotions dévorantes et usantes. 

Tant que nous avons l’impression de lutter, tant que nous nous savons vulnérables face à nos passions, désirs, attachements, confusions et peurs, c’est que nous avons besoin de limiter le yang. 

 

L'équilibre Yin Yang

Limiter le yang

C’est-à-dire limiter les efforts que nous faisons pour ne pas être totalement nous-même mais pour satisfaire à une image illusoire de nous-même. 

Sur ce chemin de la guérison, une intention ferme et un esprit attentif nous rendrons capables de nous engager pleinement dans la limitation de nos attachements, de nos dépendances à l’autre et à l’extérieur. Capables de reprendre le pouvoir, de ne plus donner de coups d’épée dans l’eau, de ne plus s’identifier à ces dualités illusoires du bien et du mal, du « j’aime » et du « je n’aime pas », du bonheur et du malheur, de toi ou de moi. 

C’est ici, dans cette voie de la limitation de la demande adaptative qu’il nous revient de prendre les grandes décisions de notre vie. Dans un premier temps, cela va évidemment nous demander de l’adaptation physique, émotionnelle et mentale, pour affronter les changements, mais ceci pour éviter de mourir à petit feu de l’intérieur en bâillonnant la voix douce du fond de la calèche. 

Ces décisions sont difficiles à prendre. Mais finalement nous nous rendons compte à quel point nous avons bien fait, car tout a été bien plus fluide. Nous ne regrettons jamais ces décisions-là. Celles que nous regrettons sont celles que nous avons prises guidés par la peur ou des désirs égotiques et mimétiques, de satisfaire à telle ou telle attente extérieure. Jamais celles prises en « notre âme et conscience ». 

Alors, à chaque instant, je dois vérifier en moi si j’ai des décisions à prendre pour limiter la demande d’adaptation de mon être. L’âme n’est pas à guérir, mais le lien avec elle est à renouer ou à renforcer ! Afin de se remettre à suivre le mouvement de vie qu’elle nous insuffle. Et en vérité c’est très simple, tout est déjà là, je n’ai qu’à écouter mon ressenti profond, mon intime conviction, mon intuition. 

Juste suivre le sens de la vie. Personnellement, je le ressens comme un rayon de vie qui arrive entre mes omoplates et qui se diffuse devant par mon coeur. Si je suis attentif, n’accordant aucune importance à mon bavardage  mental placé plus haut dans le cerveau, simplement présent au silence de ma poitrine, alors je ressens ce mouvement en moi comme une évidence

Au début, le plus difficile est de faire confiance à ce ressenti. Le mental revient toujours à la charge avec ses doutes. Il faut alors faire un choix radical et décider de ne plus du tout écouter ses pensées. Les entendre, certes, mais ne pas les écouter, ne pas les suivre comme un esclave ! « Mental = menteur ». 

Il ne fait que des suppositions sur la vie, il croit maîtriser, mais il ne maîtrise rien. Il cherche à comprendre les situations ou les gens, mais il ne fait que les juger, tout cela pour se réconforter, se rassurer. Le mental aura toujours des pensées, c’est comme ça, mais une chose est sûre, elles sont limitées : elles viennent de nos connaissances limitées, de notre jugement limité, d’une expérience limitée. 

Le mental n’est donc pas digne de confiance. Il ne doit donc pas être notre maître, mais notre serviteur. Seulement nous servir pour visualiser, programmer ou apprendre, mais il ne doit pas décider. Il est là pour nous aider à construire une maison : faire les plans, les devis, mais ce n’est pas lui qui décide si je dois faire la maison ou non. L’inverse sous-entendrait que je décide en fonction de mes peurs, de mes désirs, ou de mes connaissances limitées donc autant dire de mon ignorance. Et ma vie ne sera pas fluide et simple, mais comme bloquée. Avec ce sentiment de lutter contre les gens, contre la vie, contre la société, contre l’administration, contre la malchance, contre la maladie. Une majorité de gens fonctionne ainsi sans s’en rendre compte. 

Nourrir l'âme

“ Il n’y a aucune sécurité à faire quelque chose pour gagner sa vie quand vous êtes en train de mourir à l’intérieur pendant que vous le faites. C’est prendre soin du corps aux dépens de l’âme. Et une âme qui se flétrit ne peut que produire un corps qui se flétrit. ”

- Neale Donald Walsh

Jusqu’à maintenant nous avons parlé de recréer le lien avec notre âme en l’écoutant, mais il faut également savoir la nourrir. Rappelez-vous, elle souhaite expérimenter la vie. Elle a choisi un « mandat céleste » et l’essentiel pour elle est de ressentir et de se nourrir de tout cela. Or elle le fait précisément grâce à l’incarnation, grâce à la séparation, grâce à la dualité. 

Ainsi elle nous invite à une expérimentation sensuelle, charnelle, consciente du vécu. Et non à faire mille choses en même temps, en pensant à autre chose que ce qu’elle est en train de vivre, et donc sans rien ressentir de l’instant. Elle veut ressentir l’eau sur nos mains quand nous faisons la vaisselle, le grondement du moteur dans notre périnée lorsque nous sommes en voiture, l’odeur de notre enfant lorsque nous l’embrassons, le plaisir de la peau lorsque notre partenaire nous caresse. Elle veut plonger dans la joie que nous ressentons avec une musique et dans la mélancolie qui nous envahit avec une autre. Elle veut ressentir où dans notre corps se situe notre peur de nous jeter à l’eau. Ce que ça fait et comment. Elle veut ressentir le stress qui nous envahit dans les bouchons et entendre les nuances dans le chant des oiseaux. Elle veut expérimenter et c’est très concret ! Très charnel, très sensuel ! 

Malheureusement, à la place de cela la plupart du temps nous… pensons. Au lieu de sentir l’eau sur nos mains, la douceur de l’éponge et la qualité de notre respiration quand nous faisons la vaisselle… nous pensons. À hier, ce qu’untel a dit, ou à demain, ce qu’il faudrait dire ou faire, ou encore à ce que la radio nous dit qu’il se passe à des milliers de kilomètres d’ici. 

Pendant ce temps, nous ne vivons pas. Et nous ne pouvons pas offrir ce vécu à notre âme, car il n’est pas vécu consciemment. C’est comme si nous vivions une vie pour rien. Du point de vue de notre âme, ce n’est pas important puisque le temps n’existe pas. Mais du point de vue de notre incarnation et du temps qui passe, c’est une vraie perte de temps, responsable de souffrances profondes

C’est assez comique, car nous croyons souvent perdre du temps si nous ne faisons pas plusieurs choses en même temps alors que c’est tout l’inverse. À une plus grande échelle, nous vivons ce moment pour rien. 

Alors finalement le conseil est simple : optons pour la règle des 100 %. Le karma Yoga. Une seule tache à la fois. Pour vivre pleinement notre vie, la ressentir à fond, de façon charnelle, et offrir ces sensations conscientes à notre Être. C’est ce qui s’appelle la pleine conscience, la pleine présence. Si je travaille, je travaille à 100 % et je ne laisse rien d’autre me déranger. Si je suis avec mon partenaire pour un diner aux chandelles, je ne regarde pas mon téléphone en même temps et je profite de tous mes sens. 

Si je fais du sport, je me concentre exclusivement sur mes sensations et mes gestes. Courir avec des écouteurs tout en pensant à mon travail ou à mon ex n’est pas une manière efficace de récupérer de l’énergie. 

Vivre à 100 % dans la pleine conscience de ce que je suis en train de vivre, de ressentir, c’est limiter la demande adaptative et récupérer une énergie incroyable, profonde, qui me remet en lien avec mon âme. Je me rapproche ainsi de mes intimes convictions, de la santé et de la paix intérieure.

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